7 septembre 2017 - Du lycée au palais, de Granvelle à Granvelle

Des côtes d'Armor ou de l'Aveyron, d'Alsace ou de Lorraine, d'Ile de France ou de l'Ain, ou bien encore de Bourgogne ou Franche-Comté , les 26 étudiants de la classe prépa ATS-BIO  ont découvert ou redécouvert la ville de Besançon, sous le soleil de septembre.
    Echanger au gré d'une promenade, apprivoiser son environnement, anticiper d'éventuelles questions d'un jury curieux d'évaluer la curiosité de ses étudiants, impératif catégorique de sélection au concours, la visite guidée de Vesontio conduite pendant 2h par Pascale Picart, répond à plusieurs objectifs et s'impose tel un rituel initiatique de rentrée des prépas depuis plusieurs années à présent. Et jusqu'alors le soleil l'approuve sans faillir, les étudiants suivent le rythme sans gémir. Point de départ cette année, la porte Rivotte pour gravir les escaliers qui mènent à la citadelle, si tant est que l'ambition égale naturellement l'ascension ou l'accession au concours de leur choix, vétérinaire ou ingénieur agronome.

    Rapide éclairage sur cette classe prépa spécifique que nombre d'élèves et étudiants du lycée méconnaissent. La classe prépa ATS-BIO du lycée permet aux étudiants titulaires d'un BTS agricole ou non ou bien d'un DUT, de préparer en un an le concours des écoles nationales vétérinaires et/ou des écoles d'ingénieurs agronomes. C est le nom donné à ce concours ; l'autre voie la plus connue est la voie A après une prépa BCPST en 2 ans. Les voies A TB, avec un Bac techno et une prépa TB ou la voie B, à la suite d'une licence, sont également possibles. Néanmoins le concours C a le meilleur rapport intégrés sur inscrits par rapport au A et B ; pour preuve, en 2017; sur 325 candidats inscrits, 56 ont été reçus à l'une des 4 écoles vétérinaires et 114 ont été admis en école d'ingénieurs, pour la plus proche, Agrosup Dijon et pour la plus ancienne Agroparitech. A savoir : ce fut Claude Bourgelat, écuyer et vétérinaire du siècle des Lumières, qui a fondé en 1761 la première école vétérinaire à Lyon et la deuxième à Alfort en 1765  ; un siècle plus tard, en 1870, le diplôme d'ingénieur est crée, peu après la mise en forme et l'organisation officielle et réglementaire de l'enseignement agricole.

En attendant les 14 et 15 mai 2018, dates des épreuves écrites d'admissibilité, voici un aperçu d'une ville forte de sa duplicité :
- 2 identités : tantôt germanique, tantôt française, Besançon est riche d'Histoire
-2 citadelles, et non pas une : Fort Griffon et La citadelle, se font face et la portée des boulets de canon tirés de chacune de ces forteresses se situe place Saint-Pierre , autrement dit au cœur de la ville. Les bisontins ou assaillants n'ont qu'à bien se tenir !
- 2 absides ou 2 cœurs font la renommée de la cathédrale Saint-Jean.
- 2 arcs de triomphe à Besançon ? Eh oui ! L'un d'eux subsiste, c'est La Porte noire qui n'est pas ou plus noire.  Quant au second, avec le temps va tout s'en va :  il donnait accès à la ville par le pont Battant. Sa construction avait été ordonnée par Louis XIV qui en 1678 annexait la Franche-Comté grâce au traité de Nimègue . Aussi les habitants, peu enclins à quitter le Saint Empire germanique, l'édifièrent-ils en pierres calcaires, donc friables...Mauvais tour joué à Louis XIV , cela va de soi pour qui connaît la devise : "Comtois, rends-toi ! nenni, ma foi ! "
- 2 couleurs : la pierre de Chailluz est bleue et rose...un petit tour d'horizon place du 8 septembre, sur les murs de l'Hotêl de ville ou la particulière église Saint Pierre, et vous vous en rendrez vite compte !
- 2 couleurs encore...Le Rouge et le Noir...n'est pas le titre hasardeux d'un roman de Stendhal ou les couleurs de la roulette, jeu de hasard. En effet Besançon où se situe pour partie l'histoire  de Julien Sorel, est une ville de religion (le Noir) et de garnison (le Rouge).
- 1 erreur : le square Castan n'abrite pas un théâtre romain ..l'histoire a mis en évidence finalement cette méprise qui persiste indûment.
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Pour clore cette liste succincte, nous avons franchi les portes du magnifique palais Granvelle, palais emblématique de la Renaissance, converti en musée, fier et jaloux protecteur du pendule de Foucault comme de la montre la plus complexe et la plus chère au monde ; et là, nous avons contemplé le portrait noble et doux de Nicolas Perrenot, Seigneur  de Granvelle, Chancelier de l'empereur Charles Quint. Quel titre ! ....De Granvelle à Granvelle, du lycée au palais, du palais au lycée, nous étions de retour à 18h pile et comme prévu : "La ponctualité n'est-elle pas la politesse des rois" ? En attendant de célébrer royalement les efforts constants de nos étudiants, nous encourageons ces derniers, francs-comtois de souche ou d'adoption, à ne jamais ni plier ni se rendre, nenni ma foi !       

     
 Céline Cohen-Clerget

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